« Être coopté, ça évite tout le bullshit habituel en entretien d’embauche »
Mise en ligne le mardi 02, décembre 2025
Mise à jour le mardi 09 décembre 2025
Grégory n’a pas eu besoin de refaire son CV ni de répondre à une offre d’emploi pour être embauché. Magique ? Non, il a été coopté. Il nous dévoile les étapes de ce mode de recrutement de plus en plus prisé des entreprises.

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Pas de faux-semblant en entretien d’embauche
Architecte système senior, Grégory n’appréhende plus vraiment la rencontre avec les RH. « Depuis le temps, je connais bien le produit et je sais comment le vendre », dit-il en souriant.
L’informaticien a pris ses nouvelles fonctions en octobre dernier. “C’est un ancien collègue avec qui j’ai déjà travaillé dans deux entreprises différentes qui m’a contacté. C’est mon N+1 dans cette organisation. Il m’a proposé de travailler avec lui car il sait que j’aime les challenges techniques. Il m’a expliqué les tenants et aboutissants du poste et il m’a présenté l’entreprise, le contexte dans lequel elle évoluait. Ensuite, j’ai rencontré les RH et clairement être coopté, ça évite tout le bullshit habituel en entretien d’embauche. L’échange est beaucoup plus franc, sans fioritures. Autre avantage de la cooptation : le processus de recrutement est plus rapide.”
Gain de temps et d’argent
Les chiffres confirment la rapidité du recrutement via la cooptation : en moyenne, il faut 29 jours seulement pour embaucher une personne cooptée, contre 39 jours avec les jobboards et jusqu’à 45 jours en passant par un site carrière, selon Keycoopt, spécialiste de la cooptation et de la mobilité interne.
A noter : En plus de réduire le coût du recrutement de plusieurs milliers d’euros, la cooptation est un bon moyen de renforcer sa marque employeur en valorisant les collaborateurs-ambassadeurs.
Cooptation : de l’importance de bien sélectionner ses pairs
Si la cooptation présente de nombreux atouts, elle n’a pourtant rien d’une méthode infaillible. Il peut être tentant d’y avoir recours pour recruter les profils les plus pénuriques mais cela risque de favoriser l’entre-soi et de priver l’entreprise de candidats atypiques, capables de penser out the box. Il vaut donc parfois mieux que la cooptation reste ponctuelle.
Les RH et les cooptants doivent aussi rester vigilants sur le profil du coopté, rappelle Grégory, notre architecte système. “Dans une précédente entreprise, j’ai fait venir un ancien collègue avec qui j’avais travaillé quatre ans. On s’entendait bien et il était très professionnel. Mais lorsqu’on a retravaillé ensemble, ce n’était plus du tout la même personne et il est devenu difficile de collaborer. Pour nous deux, ça a été un échec humain.”
De tels ratés restent toutefois minoritaires. Trois ans après leur prise de poste, 47 % des salariés sont toujours en poste contre seulement 14 % des profils issus des jobboards. Dans les PME, la durée de présence des cooptés est même 122 % supérieure à celle des autres recrutés. Une bonne raison, parmi d’autres, de tester ce mode de recrutement…