Carrière : « La chance ne vous tombe pas dessus, il faut la provoquer »

Mise en ligne le mardi 10, mars 2026

Mise à jour le mardi 10 mars 2026

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By Guirec Gombert, Content & community manager

Comment recruter sans biais ? La génération Z est-elle vraiment différente de la génération Y au travail ? Pourquoi l’intelligence émotionnelle est-elle devenue une compétence clé en entreprise ? Régulièrement, Beetween part à la rencontre de professionnels RH, de chefs d’entreprise ou de chercheurs afin de mieux comprendre les mutations du monde du travail.

Aujourd’hui, Mario Piromalli, entrepreneur breton à succès – il possède 18 restaurants McDonald’s en franchise – revient sur son parcours, les chances et les opportunités professionnelles qu’il a su saisir. Interview.

mario piromalli

Mario Piromalli, votre parcours est assez extraordinaire et on peut dire que tout commence à l’âge de 18 ans quand vous partez servir le Shah d’Iran à la fin des années 1970…

Oui, cette expérience m’a transformé. L’école hôtelière de Strasbourg où j’étudiais m’a proposé avec quatre autres camarades de servir le Shah d’Iran, sur une île au sud du pays.

J’ai appris la vie en collectivité, j’ai appris l’anglais et j’ai appris à servir des personnes de toutes conditions. J’ai vu des gens très riches se comporter très mal et d’autres, comme le Shah, être toujours attentionnés et attentifs aux personnes qui les entouraient. Ce respect des autres c’est quelque chose de très important pour moi.

Après un an sur place, la révolution iranienne vous oblige à rentrer à Strasbourg, où vous devenez équipier chez McDonald’s. Pourquoi ce choix de carrière ?

Je cherchais un travail dans mon domaine – la restauration – et j’ai entendu parler de cette enseigne innovante, alors inconnue en France. Ce que j’ai vu m’a immédiatement plu et j’ai postulé. Ensuite j’ai eu la chance d’évoluer et d’accéder à de nouvelles responsabilités.

Une chance que vous avez su saisir…

Oui, la chance ne vous tombe pas dessus, il faut savoir la reconnaître et la provoquer. La chance, c’est une forme d’audace et de persévérance mais c’est aussi une arme formidable quand on part de rien. Mais il faut aussi que certaines conditions soient réunies. Chez McDonald’s, on m’a fait confiance, on m’a formé et j’y ai appris énormément de choses. Dans cette entreprise, l’ascenseur social n’est pas en panne, à condition d’en avoir envie bien sûr.

Pour aller plus loin
Décryptage. Trouver un emploi, une question de chance ?

C’est cette envie qui vous a permis d’ouvrir votre premier restaurant en franchise à l’âge de 24 ans ?

Oui mais avant cela j’ai essuyé de nombreux refus de ma direction. Et puis un jour, j’ai eu la chance d’apprendre qu’un restaurant ne fonctionnait pas bien à Rennes. Plutôt que de le fermer, on m’a proposé de le racheter.

À la tête du restaurant, vous arrivez à inverser la tendance. Comment avez-vous fait ?

Je connaissais tous les rouages de mon métier et je savais très précisément ce qu’il fallait faire pour redresser les comptes. J’ai entraîné toute l’équipe dans ce projet jusqu’à ce que le restaurant fasse le plus gros chiffre d’affaires de l’Ouest de la France.

Est-ce que vous aussi, vous avez proposé à des collaborateurs de reprendre une franchise ?

Bien sûr et aujourd’hui six de mes anciens équipiers possèdent leur propre franchise.

Quand vous recrutez, quel type de personnalité recherchez-vous ?

Des personnes qui aiment les gens, qui aiment servir et qui ont l’humilité nécessaire pour se mettre au service des autres.

Comment définiriez-vous votre style de management ?

Respectueux. J’accepte les salariés tels qu’ils sont mais je les encourage aussi à mettre leur talent à profit dans l’entreprise. Pour cela, je les forme bien. J’ai aussi une relation constante et sincère avec eux, et ça se passe bien.

Pour revenir à cette notion de chance, vous disiez qu’il faut la provoquer mais comment faire ?

Il faut croire en soi, même si certains jours on doute. Si quelque chose ne marche pas aujourd’hui, alors ce sera demain.

Pour vous, tout le monde peut y arriver ?

Je ne cochais pas les cases, je ne venais pas du bon milieu social, je n’ai pas fait de longues études, mais j’ai su être vigilant et prêter attention aux conseils et aux encouragements que l’on me donnait.

Justement, quelle est la chose la plus importante que l’on vous ait dite ?

“Je te fais confiance”. C’est ce que je répète aujourd’hui à mes équipes.

Une partie de la jeunesse doute de son avenir professionnel, vous leur dites quoi ?

On entend cela depuis des années. Fort heureusement, la nature a horreur du vide et avec un peu de persévérance et de chance, ils trouveront des opportunités.

Ils peuvent aussi se tourner vers votre fonds Yao!, “En route !” en breton. De quoi s’agit-il exactement ?

J’ai créé Yao! en 2014 avec l’idée de rendre ce que l’on m’a donné. Le fonds s’adresse à des jeunes entre 18 et 30 ans qui veulent entreprendre. On leur propose de former un binôme avec un entrepreneur breton prêt à partager leur expérience et leur réseau. Le but est de leur donner confiance, c’est probablement ce qui compte le plus.

Le réseau aussi, c’est important…

Bien sûr, tout le monde n’a pas de parents ou d’amis chefs d’entreprise. Yao! permet ainsi d’ouvrir des portes. C’est un dispositif gagnant-gagnant : les jeunes sont accompagnés aussi longtemps qu’ils le jugent nécessaire et les chefs d’entreprise apprennent, à leur contact, d’autres méthodes et d’autres codes. Et puis c’est valorisant d’aider les autres.

Comment faire pour être accompagné par le fonds Yao! ?

C’est simple : il suffit de se rendre sur le site du fonds et de présenter son projet d’entreprise, quel qu’il soit. Il faut vraiment oser : 99 % des demandes sont acceptées. Nous mettons ensuite les jeunes en contact avec un entrepreneur breton.

Depuis plusieurs années, on met beaucoup en avant l’entrepreneuriat mais tous les entrepreneurs ne connaissent pas votre succès…

Oui mais rien n’est jamais perdu. Et puis l’entrepreneuriat, c’est quelque chose d’assez particulier. Il faut prendre des risques, cela demande aussi de l’humilité, certains renoncements. On connaît des joies, des peines. C’est un état d’esprit.

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à un jeune qui attend sa chance ?

Je lui dirais d’abord de venir chez Yao! s’il habite le territoire breton. Je lui dirai aussi que l’entrepreneuriat n’est pas réservé aux nantis mais que c’est une expérience extraordinaire pour tous ceux qui veulent réussir et aller au bout d’eux-mêmes.

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By Guirec Gombert, Content & community manager

Journaliste / Content manager, j'écris des articles sur le monde du travail, le tourisme, les finances personnelles, le vin et même la voile !